août 25, 2021

EDUCATION NATIONALE, UN SUCCÉS REMARQUABLE

Par admin-intdoc

Par Romée d´Harambure

Constater son échec est devenu une évidence et le très faible niveau de connaissances de nos élèves commence à faire la joie de nos concurrents mais aussi des grandes marques.

La situation. Aller à l’école est une obligation sinon aucune obligation de résultats n´est prévue, car elle ne se donne plus pour but de former les futures élites du pays, mais d´administrer des dossiers avec des méthodes éducative critiquées par tous ceux qui n´ont pas compris le but final. L´écriture, la poésie et la culture générale sont remplacés par des méthodes dites pédagogiques, de même que le social et le politique ont pris le dessus et que toute notation est considérée comme élitiste. La rigueur et l’ambition ont été remplacées par la tolérance, laquelle est comme on le sait, mère de la paresse. Et c´est le bon moment car la société ne pense plus en perspective mais seulement dans l’instant. Ce faisant l´Education Nationale respecte les motivations du marché, le meilleur moyen de vendre étant de supprimer le client lequel choisit au profit d´un consommateur qui lui, suit bêtement ce qu´on lui fait croire.

Le but est atteint.

Ce que l’on apprend à l’école désormais, c’est l’extrême relativité de toute opinion et de tout savoir. L’autorité du maître a été remplacée par des opinions divergentes, le débat perpétuel et les réseaux sociaux, lesquels sont une plateforme pour tout individu qui se pense tout-puissant.

Or contrairement à ce que l´on dit, l’École ne dysfonctionne pas, bien au contraire, elle fait exactement ce pour quoi on l’a programmée: créer un vaste bouillon d’inculture où les élèves acquerront des notions approximatives avec des a priori idéologiques. C´est en effet de loin le meilleur moyen de gérer une masse et de la rendre docile, la modernité ayant surtout besoin de citoyens qui ne pensent pas, ne soient pas informés et surtout pas cultivés. Que ferions-nous si c´était le contraire?

La langue française et la culture.

A partir des années 1980, l´Education Nationale réduit drastiquement l´enseignement du français sous prétexte que c’est une discipline transversale. Le Français est réduit à de la pure communication. D’où l’accent mis sur l’oral ce qui évite de voir les fautes d’orthographe. La simple compréhension suffit totalement pour faire vivre la nouvelle société de masse et prime la qualité de l’expression.

Le quantitatif détrône le qualitatif et on ouvre la chasse à l’élitisme, bête noire des pédagogies de masses. Pour ce faire il faut baisser drastiquement le seuil d’exigences. La « rédaction » avec sa logique interne qui oblige de penser est  remplacée par l´« expression écrite » et le« français de banlieue » autrefois encore argot est de mise, la communication devenant la principale fonction du langage. L´écrit lui, devient secondaire et est élitiste.

Egalité des chances oui mais au profit des élites.
Le souci principal ne semble pas être l´enseignement mais l’égalisation des conditions et des chances. Une remarquable façon d´habiller le contraire suivie. Ce faisant les parents ne doivent plus aider leurs enfants. La réussite est indéniable car les statistiques démontrent qu´en 1972, la proportion d’élèves des Grandes Ecoles issus des classes défavorisées était de 10% alors qu´elle est aujourd’hui de moins de 2%. Le but est donc atteint et si les mauvaises langues prétendent que la France brille dans l´échec des concours internationaux, c´est qu´ils n´ont pas compris la finalité de l´exercice.

Conséquences.
On a cessé de donner aux déshérités les codes du bon langage et de la culture générale, l´ordinaire étant de mise. Le ressenti doit être travaillé plus que le savoir, lequel est élitiste. La masse doit être malléable, réagir selon les souhaits du moment, ne surtout pas avoir d´idées précises contraires aux souhaits exprimés de ceux qui décident. Le marché, tant décrié par certains, a gagné les esprits les plus pervers. Les grands de la communication sont arrivés à leurs fins et la publicité des marques peut faire le reste. La liberté c´est pour nous qui pouvons encore décider, mais ne laissons surtout pas entrevoir la finalité qui est celle de nos souhaits sur la masse. Il faut qu´elle consomme, réagisse et pense comme nous le souhaitons. Protégeons l´Education Nationale en la défendant contre ceux qui la critique pour qu´elle puisse préparer sans encombre le but du Trans-humanisme avec sa vison élitiste de la société assortie d´une masse malléable dite société de consommation, paisible et jouissive.

Vous aurez compris, je l´espère tout au moins, que mon cynisme du moment inverse la situation pour mieux la critiquer.

En partie de Jean-Paul Brighelli,  La fabrique du crétin. 5 Août 2021 et quelques remarques de Romée d´Harambure analysant l´évolution dans le sens d´une consommation de masse.